Cinq maux dans la psychologie légale

Ogloff examine cinq « maux » qui ont entravé le développement de la psychologie légale au 20ème siècle : jingoïsme, dogmatisme, chauvinisme, naïveté et myopie.    

Jingoïsme, c’est un nationalisme excessif ; un patriotisme exacerbé. Il ne faut pas confondre ce terme avec « chauvinisme » ; Ogloff parle de ce dernier séparément. 

Ce qu’il entend par « jingoïsme » dans le cadre de la psychologie légale est que les psychologues ont tendance à limiter leurs recherches à leurs propre pays. Pourtant chaque pays adopte un système juridique qui lui est propre. 

Apprendre des expériences des autres pays enrichit le (la) chercheur (chercheuse) ainsi que la psychologie légale en tant que discipline. En plus, dans une certaine mesure, le but de la psychologie légale est d’impulser la transformation sociale ; la psychologie peut servir à améliorer la condition sociale et légale. 

En ayant connaissance de la loi et de la tradition légale d’autres pays, on a un aperçu de la façon dont les problèmes sont traités. De leurs erreurs et de leurs perspicacités, on peut alors prélever des éléments à introduire dans notre pays. 

Dogmatisme, c’est l’opinion affirmé avec véhémence et radicalité de manière à la concevoir comme péremptoire et incontestable ; une personne dogmatique est sûre de ses suppositions sans les avoir démontrées par l’observation empirique.

En étant dogmatique et en campant sur ses positions, on risque de refuser et d’ignorer des informations importantes susceptibles de rehausser sa compréhension. Malheureusement, les psychologues adoptent occasionnellement cette attitude (Ogloff, 2001).  

Chauvinisme, c’est la conviction irrationnelle de la supériorité de sa race, sexe, etc. Le chauvinisme est un terme vaste, mais Ogloff le rétrécit dans sa discussion du point de vue du sexisme et de l’ethnocentrisme. 

Pour Ogloff, c’est une honte que les recherches de la psychologie légale aient oublié les différences culturelles et les différences entre les hommes et les femmes.

Il reconnaît que ces recherches sont bien plus nombreuses aujourd’hui qu’auparavant. Toutefois, elles sont plutôt descriptives ; elles identifient simplement des différences mais n’expliquent pas pourquoi ces dernières existent.

Il suggère donc d’élargir la population de recherche et d’être plus sensible aux différences culturelles et aux besoins des femmes et des ethnies minoritaires.  

Naïveté, c’est une analyse/un raisonnement/un criticisme simpliste, ingénu, et qui manque alors de puissance. Selon Ogloff, la naïveté signifie que les recherches de la psychologie légale manquent de connaissances suffisantes de la loi. 

La naïveté concernant la loi et l’obsession d’identifier les carences de la loi dominent les chercheurs de la psychologie légale. Par conséquent, les résultats de leurs recherches sont loin de la compréhension sophistiquée attendue sur le phénomène étudié. 

Pourtant la compréhension et l’appréciation vaste et approfondie de la loi sont obligatoires pour tous ceux qui veulent entrer dans le champ judiciaire pour trois raisons : (a) garantir la validité externe des recherches de la psychologie légale, (b) permettre d’identifier les questions légales qui peuvent être les thèmes à aborder par les psychologues, (c) remplir les conditions des principes éthiques et du code de conduite de psychologues dont l’une de ces conditions est d’être compétent. 

Myopie, c’est l’incapacité de bien voir des objets lointains. Selon Ogloff, la psychologie légale doit élargir son domaine d’intérêt si elle souhaite avoir un impact considérable sur la loi. Ogloff regrette que jusqu’à ce jour, les psychologues ne s’intéressent qu’à certains sujets. 

Small (in Ogloff, 2001) découvrit que les témoignages et la prise de décision de jurys sont les deux sujets le plus souvent étudiés. Kapardis (2003) remarque qu’il y a déjà des progrès dans le choix de sujet comme une étude sur l’honnêteté des contribuables par Hessing et al (1988, in Kapardis). Cependant, il reste d’autres domaines sous-représentés dans le paysage du droit qui attendent à être explorés (Diamond, in Kapardis).

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