Rohana Kudus

Rohana Kudus était une femme courageuse de Minangkabau, Sumatra de l’ouest. Même si elle n’a jamais reçu une éducation formelle, elle étudiait de manière autodidacte en lisant des journaux et d’autres lectures que son père apportait de son bureau. Elle apprenait également de façon informelle auprès de sa voisine, une Hollandaise. Très jeune, Kudus parlait Hollandais, Latin et Arabe.

rohana kudus

En 1911, Kudus a fondé le centre de compétences pour les filles, Sekolah Kerajinan Amai Setia (Chandrakirana, Ratih & Yentriyani, 2009). Elle inculquait à ses élèves une multitude d’enseignements : tricoter, coudre, gestion financière, lire-écrire, la morale, l’éducation religieuse, et la langue hollandaise. Elle ne leur a pas seulement appris à produire mais aussi à vendre pour que les femmes soient autonomes économiquement. Cinq ans après, elle eut des ennuis avec la justice à cause de la diffamation de l’une de ses élèves. Bien que le juge la libèra, elle décida de quitter cette école qu’elle avait fondée elle-même. Puis elle créa une autre école appelée Rohana School à Bukit Tinggi (Redaksi Jogja Bangkit, 2009).

Rohanna Kudus était aussi douée en écriture. Elle a fondé un journal Soenting Melajoe, le premier journal féministe en Indonésie. Elle était donc la première journaliste et la première rédactrice en chef (Fitriyanti, 2005). Dans ce journal, elle propageait son esprit féministe. Elle était très courageuse. Elle critiquait la polygamie et la pratique « pernyaian ». Il s’agit d’une pratique où les Hollandais prenaient les jeunes indonésiennes comme maîtresses et esclaves à la fois. Ces femmes, même si elles donnaient naissance à leurs enfants, n’étaient jamais reconnues comme leur mère. Elle déclarait également que l’on interprétait l’Islam de façon erronée et qu’en fait l’Islam nous apprend l’égalité entre la femme et l’homme. Pour certains, elle aurait été la précurseure du féminisme Islamique en Indonésie (Fitriyanti).

Le courage et les idées de Kudus ont inspiré Yunisiah et Said. Ces dernières combattaient contre l’inégalité à leur façon : Yunisiah érigeait une école musulmane à Padang Panjang et Said se destinait à la vie politique même si elle a été emprisonnée suite aux nombreuses critiques qu’elle suscitait (Magdalia, 2010). Toutes les deux reçurent le titre convoité d’héroïne nationale. Cependant, l’Etat n’attribue pas le titre d‘héroïne nationale » à Kudus, ce qui paraît bizarre et ironique étant donné que son rôle est important dans l’amélioration de la condition féminine en Indonésie et qu’elle influence plus ou moins le combat de Yunisiah et Said.

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