L’histoire de la psychologie légale – 1

L’application de la psychologie légale a commencé depuis que la psychologie devint la science expérimentale à la fin de l’année 1800 (Doyle, 2005). La psychologie est effectivement entrée dans le champ judiciaire depuis James McKeen Cattel qui fit sa première étude sur la précision de témoins en 1893 dans son laboratoire à Colombia University à New York.

Trois ans après, Albert von Schrenck-Notzing, psychologue allemand, fut le premier à être sollicité par le tribunal de Munich dans l’affaire d’un homme qui a tué trois femmes. Cette affaire gagna l’attention des medias. Notzing a alors noté que les témoins peuvent former de faux souvenirs comme effets des reportages de medias (in Colman, 1995). Dès cette expérience, il est devenu l’un des premiers qui a questionné la fiabilité de la mémoire. Il a proposé une théorie nommée la falsification rétroactive de la mémoire.

En 1900, Binet a reproduit la recherche de Cattel en France puis a publié un ouvrage sur La suggestibilité et a lancé un appel pour la création d’une science «psycho-judiciaire» (in Jaffé, 2006). Son ouvrage fut le premier à parler de la psychologie dans le champ judiciaire.

De plus, Viaux (2003) affirme que Binet est bien le seul auteur français cité unanimement comme le premier, voire celui qui est à l’origine de la psychologie légale. Ce dernier, cette année-là, a témoigné au tribunal pour l’utilisation du test psychologique pour des délinquants et des criminels qu’il avait conçu et qui allait être utilisé pour la sélection du personnel policier dans l’année 1940 pendant la seconde guerre mondiale.

Louis William Stern fit ses recherches sur le même sujet : la précision de témoignages. Il les a périodiquement publiées dans la revue scientifique qu’il nomma Betrage zur Psychologie der Aussage (Les Contributions à la Psychologie de Témoignages) à partir de 1903.

Trois ans plus tard, Hugo Münsterberg (in Ogloff, 2000 ; Kapardis, 2003 ; Walker & Shapiro, 2004) est entré dans le champ judiciaire. Un procureur lui a demandé d’examiner un accusé. Ce dernier avait reconnu avoir commis un meurtre puis s’est rétracté. Münsterberg a été certain que cet homme handicapé mental était innocent et a douté de façon d’obtenir la confession.

Malheureusement le juge a refusé d’examiner cette affaire et a condamné l’accusé à la peine de mort. Il était aussi furieux contre Münsterberg qui s’est conduit comme un expert dans cette affaire. De cet événement, Münsterberg a construit son idée de la psychologie légale. Il a publié un ouvrage On the witness stand en 1908 dans lequel il affirme que les aspects psychologiques peuvent affecter le procès juridique (in Tartakovsky, 2011).

Depuis la publication de On the witness stand, Münsterberg a tenté d’incorporer la psychologie dans le champ judiciaire. Pendant presque 24 ans après avoir quitté l’Allemagne pour rejoindre Harvard University en 1892 (in Bartol & Bartol, 2004), il essaya constamment de convaincre des psychologues d’entrer dans le domaine du droit.

Il certifie que l’on peut appliquer la psychologie dans tous les domaines étant donné qu’elle étudie les comportements des êtres humains, sans exception dans le domaine du droit qui essaie de réguler les comportements humains (in Hale, 1980).

Il a aussi déclaré que la psychologie est essentielle dans les salles d’audience, et il a critiqué des avocats et des juges pour ne pas embrasser les recherches psychologiques qui pourraient être utiles.

Ces idées de Münsterberg ont donc été largement refusées notamment par la communauté légale. L’un d’eux, John H. Wigmore (1909, in Costanzo et Krauss, 2012) écrit un article satirique dans lequel il a porté plainte contre Münsterberg pour la diffamation.

Il lui a fait subir un contre-interrogatoire et l’a jugé coupable. Malgré l’effet effrayant de « la procédure judiciaire » subie par Münsterberg, il y a toujours eu des psychologues pour continuer à faire des recherches et à publier des articles sur ce sujet (Ogloff, 2000). Puis Münsterberg est reconnu le père fondateur de la psychologie légale.  

Également en Belgique en 1911, J. Varendronck a déclaré au tribunal que les enfants n’avaient pas de compétences pour témoigner comme des adultes, il fallait donc ne pas compter sur leur témoignage (in Walker et Shapiro, 2004). Cette même année, Carl Marbe en Allemagne fut le premier à témoigner dans la justice civile. Il a déclaré que l’alcool pourrait entraîner l’effet négatif sur le temps de réaction.

Toutefois, dans le milieu policier, Louis Terman devint le premier psychologue à se servir du test psychologique pour sélectionner les candidats en 1917. Néanmoins, il a fallu attendre encore un demi-siècle avant l’embauche de psychologues à plein temps. Martin Reiser fut le premier en 1968 (in Bartol & Bartol, 2004).

-à continuer…

Merci à Claude F. et Arthur V.

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